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QUESTIONS - RÉPONSES
Interview d’Éric Cattelain à propos de : la
création d’UNIDEO, ses visées, son fonctionnement,
etc.
1. Pourquoi ce nom d’UNIDEO
?
2. Une idéographie universelle,
c’est quoi exactement ?
3. Est-ce mieux de représenter
les idées que les sons ?
4. Comment crée-t-on une écriture
?
5. Quelle idée principale est à la base
d’UNIDEO ?
6. Une telle idée n’est-elle pas un peu…
utopique ?
7. Combien de temps a pris la création d’UNIDEO
?
8. Il ne faut pas être un peu fou pour se lancer
dans une telle entreprise ?
9. Comment définir UNIDEO ?
10. Le but d’UNIDEO est-il de remplacer toutes
les écritures qui existent ?
11. Comment devient-on soi-même créateur
d’écriture ? Pense-t-on à ce genre de choses
quand on est enfant ?
12. Quel a été le premier signe écrit
en UNIDEO ?
13. Et vous êtes tombé en syncope ?
14. N’est-ce pas contradictoire de revenir des
milliers d’années en arrière en écrivant
un signe pour chaque chose, chaque idée, ce qui représente
vite une quantité impressionnante de signes, alors que l’alphabet
permet de tout écrire avec seulement quelques dizaines de
lettres ?
15. Les pictogrammes sont en effet présents
dans les gares, les aéroports, les menus, les toilettes,
etc. Pourtant n’est-ce pas un peu limité comme moyen
d’expression ?
16. Le chinois est un des systèmes écrits
les plus difficiles à apprendre. Où est le progrès
si on doit comme dans le cas du chinois, mettre dix ans pour maîtriser
UNIDEO ?
17. Quelles sont donc les « qualités
du chinois » ?
18. Est-ce une longue histoire d’amour entre
UNIDEO et le chinois ?
19. Quels sont les principales différences
entre UNIDEO et l’écriture chinoise ?
20. Combien existe-t-il de signes de base en UNIDEO
?
21. Quel est cet alphabet UNIDEO ?
22. Peut-on TOUT écrire avec seulement 45 signes
?
23. Peut-on avoir un exemple précis d’une
phrase écrite en UNIDEO ?
24. Quand on regarde ces exemples, on peut avoir l’impression
qu’UNIDEO est un langage enfantin, comme un « légo
» de la pensée. Il n’y a apparemment ni genre,
ni conjugaison. Est-ce ainsi qu’on va pouvoir représenter
toutes les pensées et cultures ? On en doute un peu…
25. Au passage comment s’appelle un élément
d’écriture UNIDEO ?
26. Peut-on avoir à présent un exemple
plus complexe d’ideo ?
27. Peut-on vraiment mémoriser ces 2000 éléments
?
28. En combien de temps peut-on apprendre UNIDEO ?
29. Ce n’est vraiment motivant d’apprendre
UNIDEO que s’il est largement utilisé à travers
le monde. Est-ce que ce sera prochainement le cas ?
30. Quels conseils donner à un débutant
en UNIDEO ?
31. Faut-il savoir dessiner pour écrire en
UNIDEO
32. Comme il existe des codes de la route, ou des
codes pour la notation musicale, peut-on dire qu’UNIDEO est
un « code de la pensée » ?
33. Si je comprends bien le principe UNIDEO, on va
écrire un signe particulier pour cheval, un autre pour cochon,
un autre pour éléphant, et ainsi de suite. Est-ce
que ce n’est pas trop compliqué ?
34. Quel est le principal intérêt d’UNIDEO
en matière de savoir ?
35. « Premier intérêt »?
Y en-a-t-il d’autres ?
36. On a envie de dire que c’est là «
une des écritures possibles » du MPR. Mais il y en
a d’autres j’imagine pour chaque objet. Alors comment
arriver à savoir quelle est la bonne écriture ?
37. UNIDEO est un système écrit qui
ne se parle pas. Pourrait-on néanmoins lui associer un jour
un système phonétique ?
38. Ceux qui s’intéressent un peu aux
langues universelles, penseront certainement à l’espéranto.
Est-ce qu’UNIDEO serait une sorte d’« espéranto
visuel » ?
39. On connaît le mythe de Babel et finalement
son effondrement. Est-ce qu’UNIDEO ne serait pas en train
de bâtir une tour comparable ?
40. Dans la mesure où UNIDEO est défenseur
de cette diversité, s’oppose-t-il à la langue
anglaise ?
41. Quel est le lien entre UNIDEO et les cultures
?
42. La situation actuelle de la communication planétaire
est bouleversée par l’Internet. UNIDEO s’y intéresse-t-il
?
43. De quelle manière, peut-il y contribuer
?
44. UNIDEO pourrait-il être un jour enseigné
aux enfants ?
45. Si vous aussi, vous avez une question, n’hésitez
pas à nous l’adresser. Nous y répondrons avec
plaisir.
1. Pourquoi ce
nom d’UNIDEO ? |
retour |
UNI
pour universel, IDEO pour idéographie : UNIDEO est une idéographie
universelle.
2.
Une idéographie universelle, c’est quoi exactement
?
|
retour |
On
peut considérer deux grands types d’écritures.
D’une part, celles qui représentent les sons, ou la
parole (l’alphabet en est le meilleur exemple). D’autre
part, celles qui ne représentent pas principalement les sons,
mais plutôt les choses, ou encore les notions. L’idéographie
fait quant à elle partie de ce second type, puisqu’elle
vise à représenter les idées.
Quant
à l’universalité, c’est un souhait
: celui de destiner UNIDEO à tous les peuples de la Terre.
3.
Est-ce mieux de représenter les idées que les
sons ?
|
retour |
Non,
ce n’est pas « mieux ». En vérité,
tout dépend de ce qu’on attend d’une écriture.
Si le but de l’écriture est de représenter la
parole, dans ce cas, je l’ai dit, l’alphabet est le
meilleur système écrit qu’on ait inventé
jusqu’ici. Avec seulement quelques dizaines de lettres, l’alphabet
est en effet efficace, rapide à apprendre, simple à
utiliser.
En
revanche, si le but de l’écriture est de communiquer
du sens, de la connaissance ou encore de la culture, dans un environnement
multilingue, ou a fortiori dans le monde, en ce cas, l’idéographie
peut être, je dis bien « peut » être, un
meilleur système. L’exemple du chinois (qui a une composante
idéographique), et son utilisation naguère par les
Vietnamiens, les Coréens, ou encore aujourd’hui les
Japonais, le prouve bien.
4.
Comment crée-t-on une écriture ?
|
retour |
Tout
d’abord on estime que près de 700 écritures
ont été créées depuis les débuts
de l’humanité, plus particulièrement dans une
période vieille d’à peine 6000 ans.
Les
créations antiques, comme celles des écritures mésopotamiennes,
des hiéroglyphes égyptiens, des caractères
chinois, ou encore des glyphes mayas, sont souvent entourées
de mythes et légendes. Pour la plupart, on trouvera de grandes
figures qui ont participé à leur invention : Itzamma
pour les Mayas, Fu Xi pour les Chinois, Thot pour les Egyptiens,
etc.
Puis
vient une seconde vague en matière de créations, ce
sont les hommes illustres qui ont soit directement établi
(comme Mesrop Machdots pour l’alphabet arménien), soit
influencé cette création (comme le roi Sedjong en
Corée, ou le roi rama Khameng en Thaïlande).
Enfin
on a une troisième catégorie, ce sont les créations
d’écritures qui ne s’attachent pas particulièrement
à un peuple, une langue, ou à un territoire. Par exemple
Charles Bliss créa dans la première moitié
du XXe siècle une écriture, aujourd’hui employée
par certaines personnes présentant un handicap psycho-moteur.
John Wilkins créa quant à lui en 1678 une écriture
universelle destinée à la science, etc. La création
d’UNIDEO se rattache à cette dernière catégorie,
celle d’une idée.
5.
Quelle idée principale est à la base d’UNIDEO
?
|
retour |
Cette
idée est élémentaire. Elle consiste à
permettre la communication entre tous les gens de la Terre, quels
que soient leur langue, leur culture ou leur savoir.
6.
Une telle idée n’est-elle pas un peu… utopique
?
|
retour |
Ce
mot d’utopie est aujourd’hui étrangement employé.
Il semblerait que toute ambition originale, comme tout idéal,
ne puisse échapper à ce qualificatif. L’idée
à la base d’UNIDEO tient en fait compte d’une
réalité constamment présente à nos yeux
: la difficulté de communiquer, si on considère les
quelques 6700 langues pratiquées dans le monde, les 25 grands
systèmes d’écritures en usage, mais aussi toutes
les cultures, et je dirai plus largement toutes les manières
différentes de penser ou de savoir.
Or,
toutes ces langues, toutes ces cultures, toutes ces pensées
pourraient utiliser pour communiquer entre elles un nouveau système
écrit, respectant leurs propres richesses. Ne pensez-vous
pas qu’il pourrait s’agir là d’un progrès
sensible de l’humanité ? Si ce type de progrès
doit être qualifié d’utopique, je l’accepte
volontiers. Toutefois, peu de choses semblent aujourd’hui
aussi importantes que de favoriser par tous moyens la compréhension
mutuelle, le savoir et l’entente entre les êtres. D’ailleurs,
cette création n’est pas utopique (ce qui en grec signifie
« d’aucun lieu »), mais pantopique (ce
qui signifierait plutôt de « tous les lieux»).
7.
Combien de temps a pris la création d’UNIDEO ?
|
retour |
L’idée
de créer un code universel de communication m’est venue
en 1988. J’ai présenté son premier système
dix ans plus tard en 1998 à l’Université de
la Sorbonne (École Pratique des Hautes Études). Mais
comme on s’en doute, en dix ans, une telle idée tout
en restant la même a beaucoup évolué. D’ailleurs,
cette évolution n’est pas achevée pour autant
!
8.
Il ne faut pas être un peu fou pour se lancer dans une
telle entreprise ?
|
retour |
Très
sincèrement, et avec un peu de recul : oui. Oui, il faut
être un peu fou pour se lancer dans ce type d’entreprise.
Mais, franchement, j’ignorais en ses débuts que cela
conduirait à une telle aventure.
9.
Comment définir UNIDEO ?
|
retour |
En
fonction de ce que j’ai déjà évoqué,
l’écriture ne se limite donc pas selon moi à
la « peinture de la voix » selon l’expression
de Voltaire. C’est aussi et surtout une représentation
de la pensée. En outre, UNIDEO est un langage, et non une
langue, car UNIDEO ne se « parle pas », ou plus exactement
parce qu’on peut le parler ou le transposer dans toutes les
langues du monde. C’est donc, en quelque sorte, un langage
écrit, à savoir un autre moyen graphique de communiquer
et signifier sa pensée.
10.
Le but d’UNIDEO est-il de remplacer toutes les écritures
qui existent ?
|
retour |
Non,
pas du tout ! Tout d’abord, je rappelle que les écritures
actuellement en usage, plusieurs dizaines, ont pour caractéristique
commune de représenter les langues, or UNIDEO n’a pas
les moyens ni l’intention de s’y substituer. Il ne s’agit
pas avec des moyens idéographiques de prétendre à
l’excellence alphabétique. J’ajouterai aussitôt
qu’UNIDEO souhaite tout au contraire attirer davantage notre
attention sur les richesses propres aux systèmes actuels,
trop souvent ignorés. UNIDEO se veut en effet un défenseur
de cette richesse qui véhicule le patrimoine de l’humanité.
11.
Comment devient-on soi-même créateur d’écriture
? Pense-t-on à ce genre de choses quand on est enfant
?
|
retour |
On
pense à beaucoup de choses quand on est petit. Dommage qu’on
les oublie trop souvent. Non, je ne pensais pas créer une
écriture, même si ma propre aventure de l’écriture
passait chez mes grands-parents par la découverte d’un
autre alphabet : l’arménien.
Je
dirai au passage que trop souvent on ne connaît qu’une
seule écriture, et cela est un peu triste, quand on imagine
tout ce qu’on pourrait découvrir en ce domaine. On
se contente ainsi d’apprendre le seul système qui nous
sera utile alors que la découverte des autres pourrait constituer
un véritable émerveillement et un enrichissement personnel.
À quand cette découverte à l’école
? Ne serait-ce pas une magnifique porte sur les cultures, et plus
simplement sur la découverte des autres ?
12.
Quel a été le premier signe écrit en UNIDEO
?
|
retour |
Ce
premier signe fut une « abeille ». Il m’a fallu
plusieurs jours pour y aboutir. En fait, son écriture a déclenché
tout le reste. Je me suis en effet aperçu en l’écrivant
non seulement que j’ignorais quantité de choses (comme
par exemple les six pattes communes à tous les insectes),
mais surtout qu’une idéographie pouvait animer simplement
ce savoir.
Dans
cette écriture de l’abeille (qui n’est pas la
seule possible en Unideo), on voit non seulement les trois paires
de pattes, mais aussi les quatre ailes membranées, l’aiguillon,
ou encore les trois segments du corps des insectes (abdomen, thorax,
tête), ainsi que leurs antennes.
Pour
l’anecdote, j’ai écrit ce premier signe à
la Bibliothèque Mazarine, c’est-à-dire, je devais
l’apprendre plus tard, à l’endroit même
où Champollion le Jeune avait rejoint son frère pour
lui annoncer qu’il avait enfin déchiffré les
hiéroglyphes… avant de tomber en syncope !
13.
Et vous êtes tombé en syncope ?
|
retour |
Pas
vraiment ! Je suis plutôt tombé dans un bain dont je
ne suis plus ressorti : celui de l’idéographie. Car
après plusieurs mois de cette rencontre quotidienne, les
pages de mes carnets furent bientôt couvertes de signes. Ce
n’était jusqu’alors que des fragments. Et j’étais
encore loin d’imaginer que je me consacrerais bientôt
à écrire le cratère d’un volcan, ou encore
la différence proprement astronomique entre une nébuleuse
et une galaxie. Mais je ressentis dès le début qu’il
y avait là un territoire d’inépuisables découvertes.
14.
N’est-ce pas contradictoire de revenir des milliers d’années
en arrière en écrivant un signe pour chaque chose,
chaque idée, ce qui représente vite une quantité
impressionnante de signes, alors que l’alphabet permet
de tout écrire avec seulement quelques dizaines de lettres
?
|
retour |
Cette
question est au cœur du problème. A mon sens lorsqu’il
a été mis au point, disons entre le 14e et le 11e
siècles av. J.C., l’alphabet présentait un progrès
considérable par rapport aux autres systèmes d’écritures.
Cependant, la question n’est plus aujourd’hui de représenter
la parole. La question est d’accéder à la culture
ou au savoir de l’autre, même ou surtout s’il
pratique une langue différente de la nôtre. A ces questions,
l’alphabet ne répond pas, car il n’a pas été
inventé pour y répondre. Non je ne crois pas que l’idéographie
soit un retour en arrière. D’ailleurs regardons l’utilisation
qu’on fait aujourd’hui des pictogrammes à travers
le monde.
15.
Les pictogrammes sont en effet présents dans les gares,
les aéroports, les menus, les toilettes, etc. Pourtant
n’est-ce pas un peu limité comme moyen d’expression
?
|
retour |
Oui,
bien sûr, ce moyen est limité. C’est d’ailleurs
bien pour cela que je ne suis pas en train de parler d’une
pictographie, ni encore moins de signes isolés,
mais d’un véritable système. Il s’agit
ici d’une idéographie complète destinée
à exprimer tout contenu de pensée ou de savoir.
16.
Le chinois est un des systèmes écrits les plus
difficiles à apprendre. Où est le progrès
si on doit comme dans le cas du chinois, mettre dix ans pour
maîtriser UNIDEO ?
|
retour |
Tout
d’abord, personne n’a dit qu’il fallait dix ans
pour pratiquer UNIDEO. Pour ce qui est du chinois proprement dit,
il est par contre assez clair qu’il suscite certains préjugés.
On aurait parfois tendance à ignorer toutes les qualités
du chinois, pour ne se concentrer que sur sa difficulté d’apprentissage.
17.
Quelles sont donc les « qualités du chinois »
?
|
retour |
Ses
qualités sont nombreuses. Connaît-on par exemple un
autre système qui ait été créé
il y a plus de 4000 ans et qui soit toujours en usage ? La longévité
du chinois est en effet exceptionnelle, et son caractère
partiellement idéographique y participe directement.
En
outre connaît-on beaucoup de systèmes employés
par des cultures et des langues diverses tout en leur permettant
de se comprendre ? Japonais, Coréens, Vietnamiens, Mandchous,
et bien d’autres, malgré l’extrême diversité
de leurs langues et de leurs cultures, ont dans leur histoire utilisé
à quelques variantes près ce même système
de communication écrite.
Ces
deux seuls facteurs ne suffisent-ils pas à nous émerveiller
et à nous interroger ?
18.
Est-ce une longue histoire d’amour entre UNIDEO et le
chinois ?
|
retour |
Je
me suis consacré à l’apprentissage du chinois
assez tard, à l’université en l’occurrence,
j’avais 19 ans. Et en vérité, j’ai choisi
par-delà la langue, de m’intéresser à
la civilisation car, à mes yeux, le plus fascinant est ce
rapport entre culture et écriture. Bien sûr, je n’en
ai abordé qu’une très infime partie, d’autant
que bien d’autres chemins du monde ont réclamé
mon attention. Toutefois, cette admiration du chinois a incontestablement
influencé l’élaboration d’UNIDEO. J’ajouterai
qu’elle a été également pour moi l’occasion
d’analyser d’autre aspects de cette écriture,
avec lesquels j’ai pris au contraire un peu de distance.
19.
Quels sont les principales différences entre UNIDEO et
l’écriture chinoise ?
|
retour |
Les
premières différences sont d’ordre phonétique.
Par exemple tous les caractères ci-dessus se prononcent ming
(second ton), alors que leur sens n’a rien à voir.
UNIDEO, je le rappelle, échappe à ces considérations
phonétiques, car c’est une idéographie au sens
plein du terme.
Par
ailleurs les caractères chinois possèdent eux-mêmes
plusieurs sens parfois très éloignés. Par ex.
le même caractère mao (second ton) qui sert
d’unité monétaire, et vaut un dixième
de la monnaie locale (yuan), désigne également le
Président Mao Zedong. Mais il peut aussi signifier
« cheveu », « poil », « mildiou »,
« semi-fini », « inattentionné »,
« en gros », « petit »…
Une
idéographie à part entière ne doit pas correspondre
à ce type de procédé qui fait appel à
des considérations phonétiques.
En
outre il faut tenir compte de la difficulté d’apprentissage
précitée. Dix années pour acquérir les
bases du chinois, c’est beaucoup.
Enfin
on observe un nombre impressionnant de caractères (près
de 100000) essentiellement liés à une évolution
historique (même si leur écriture fait appel aujourd’hui
à l’usage de 214 clés). Cette dernière
difficulté a conduit à limiter les éléments
de base UNIDEO.
20.
Combien existe-t-il de signes de base en UNIDEO ?
|
retour |
Il
existe 45 signes de base en UNIDEO, qui correspondent à un
alphabet, un « alphabet des pensées » selon l’expression
du philosophe Leibniz. Le principe est d’attribuer à
chacun des 45 signes une idée générale : celle
de la vie, du corps, de la famille, des arts, etc. Il est important
de dire que je ne prétends pas du tout à une «
universalité » de ces idées. Par exemple, on
peut parfaitement imaginer une culture ou une langue, où
la notion et le mot d’« art » soient absents.
Si je parle d’universalité, comme je l’ai déjà
dit, c’est davantage dans une volonté d’échange
et de dialogue entre les cultures.
21.
Quel est cet alphabet UNIDEO ?
|
retour |
L’alphabet
UNIDEO est le suivant :
|
|
|
|
|
vie |
végétal |
animal |
corps |
alimentation |
|
|
|
|
|
vision |
audition |
préhension |
matière |
feu
|
|
|
|
|
|
eau |
force
|
minéral |
métal |
espace |
|
|
|
|
|
ciel
et univers |
terre
|
transport |
déplacement |
édifice |
|
|
|
|
|
voie |
temps |
fait,
événement |
société |
famille |
|
|
|
|
|
homme |
intellect
|
affirmation
et négation |
esprit |
communication
|
|
|
|
|
|
sentiments
et comportements |
nombre |
mesure |
volume |
activité |
|
|
|
|
|
finalités
et moyens |
techniques |
pouvoir
|
activité
militaire |
marché
et commerce |
|
|
|
|
|
possession,
propriété |
objet |
textile |
arts
|
forme |
22.
Peut-on TOUT écrire avec seulement 45 signes ?
|
retour |
Loin
de se limiter à cet alphabet, il existe en UNIDEO un noyau
d’environ 2000 idéogrammes organisé autour des
45 signes. Chacun de ces 2000 éléments fondamentaux
est lié à une ou plusieurs des 45 clés. Enfin
il existe une manière de combiner ces signes afin d’exprimer
toute forme de pensée.
Par
exemple, on rattachera à la clé de l’art la
peinture , la danse
, la musique , etc. La
clé des textiles
s’élargira quant à elle aux écritures
du vêtement , du
tissu , etc.
La
clé de la vie donnera lieu (ci-dessous) aux écritures
de la naissance, la mort, l’âge ou les formes vivantes.
Ces dérivées s’étendront elles-mêmes
à des notions apparentées. À partir de la naissance,
seront représentées les notions de conception et d’origines,
ou à partir de l’âge, celles de jeunesse et vieillesse,
etc.

vie |
naissance |
 |
mort |
 |
âge |
 |
forme
vivante |
 |
conception |
 |
origines
|
 |
jeunesse |
 |
vieillesse
|
 |
23.
Peut-on avoir un exemple précis d’une phrase écrite
en UNIDEO ?
|
retour |
On
a ici l’écriture de « je vais à la mer
». Comme on le voit, on a utilisé trois éléments
(de gauche à droite) : « je, moi » « aller
» et « mer ».
Rien ne m’empêche néanmoins de l’écrire
dans l’autre sens (on pense ici aux usagers d’écritures
qui l’orientent effectivement dans ce sens, arabe, hébreu)
:
On
remarquera comme on l’a dit que ces éléments
sont liés à une des 45 clés : je à l’homme
, aller au déplacement , la mer à la terre .
Enfin
si je donne deux nouveaux éléments, par exemple «
tu », et « montagne », on peut aisément
imaginer des changements comme celui d’écrire : «
tu vas à la montagne ».

Qu’importe
alors que les Allemands appellent une montagne « Berg »
ou que ce mot soit masculin ou féminin ou neutre, ou encore
que les Chinois l’appellent « shan », et qu’il
soit du premier ou du troisième ton, car on a ici une représentation
non phonétique du sens.
24.
Quand on regarde ces exemples, on peut avoir l’impression
qu’UNIDEO est un langage enfantin, comme un « légo
» de la pensée. Il n’y a apparemment ni genre,
ni conjugaison. Est-ce ainsi qu’on va pouvoir représenter
toutes les pensées et cultures ? On en doute un peu…
|
retour |
Tout
d’abord, c’est exact, UNIDEO possède une combinatoire
très simple. C’est voulu et essentiel pour faciliter
son emploi. En second lieu, pour moi, ce n’est pas un défaut
d’être « enfantin » si on entend par là
qu’UNIDEO peut être pratiqué par les enfants.
Ceci n’empêche pas cependant de développer des
niveaux de sens beaucoup plus complexes que ceux qu’on vient
de voir.
25.
Au passage comment s’appelle un élément
d’écriture UNIDEO ?
|
retour |
Très
simplement : un ideo, ou un unideo.
26.
Peut-on avoir à présent un exemple plus complexe
d’ideo ?
|
retour |
On
peut bien sûr en donner des milliards. Dès qu’on
commence à associer plusieurs éléments, à
les combiner, ou à préciser des détails de
sens, on passe à un niveau complexe. Prenons le cas d’une
notion scientifique : l’ultrason. L’ultrason est un
« son dont la fréquence est au-delà de celle
perceptible par l’oreille humaine »
| |
|
|
|
son |
fréquence |
|
|
|
au-delà |
homme
|
Le
tout donnera par exemple l’écriture suivante :
Comme
on le voit, c’est un exemple assez développé
qui mérite d’être resitué et commenté
en parlant des chauves-souris ou des dauphins, entre autres. Pourtant
je peux le décomposer en quatre éléments plus
simples que j’aurais appris dans la liste des 2000 éléments
de base. De la même manière on représentera
l’infrason par un son dont la fréquence est inférieure
à celle perceptible par l’oreille humaine :

27.
Peut-on vraiment mémoriser ces 2000 éléments
?
|
retour |
Comme
je le disais, ces 2000 éléments sont tous reliés
par une logique. Par exemple, si on sait que l’ideo ci-dessus
signifie « descendre », on n’aura vraisemblablement
aucun mal à comprendre celui qui suit, qui bien sûr
signifie « monter ».

Tout
UNIDEO est construit sur un tel mécanisme de renvois et de
correspondances.
28.
En combien de temps peut-on apprendre UNIDEO ?
|
retour |
Cela
dépend de nombreux facteurs. L’apprentissage d’UNIDEO
varie en effet si on y passe un quart d’heure ou deux heures
par jour, si on a une bonne mémoire ou non, si on y prend
du plaisir ou pas, si on le fait pour se distraire ou dans la ferme
intention de communiquer.
Disons
cependant qu’on peut se familiariser avec tout le système
en un mois et demi, à raison d’une heure par jour.
Cela permet de voir les notions et les éléments essentiels,
et de commencer à écrire et à lire. Après
quoi il appartient à chacun de confirmer cette acquisition
selon ses disponibilités ou ses envies.
29.
Ce n’est vraiment motivant d’apprendre UNIDEO que
s’il est largement utilisé à travers le
monde. Est-ce que ce sera prochainement le cas ?
|
retour |
Tout
dépend de ce qu’on doit entendre par « prochainement
». J’ai bon espoir qu’une ou deux décennies
feront bien avancer les choses.
30.
Quels conseils donner à un débutant en UNIDEO
?
|
retour |
D’abord
je lui demanderais de ne jamais oublier le plaisir d’écrire.
Ce plaisir est d’ailleurs un des éléments principaux
de tout apprentissage.
Ensuite
je lui dirais de prendre son temps. UNIDEO n’est pas une écriture
précipitée. On doit prendre son temps pour l’apprendre,
comme pour l’écrire. Il m’arrive d’écrire
en UNIDEO en même temps que je parle. Mais je peux aussi passer
toute une nuit avant de décider d’une écriture,
de la place de ses éléments, de leur importance respective.
Enfin
je lui conseillerais de créer ses propres compositions. Simples
au début, elles doivent progressivement réfléter
l’état d’esprit de celui qui écrit.
31.
Faut-il savoir dessiner pour écrire en UNIDEO ?
|
retour |
Sans
doute, est-il en effet préférable de « savoir
» dessiner. Néanmoins, nul besoin d’être
Michel-Ange ! C’est sans doute là où la notion
de plaisir est essentielle.
32.
Comme il existe des codes de la route, ou des codes pour la
notation musicale, peut-on dire qu’UNIDEO est un «
code de la pensée » ?
|
retour |
J’ai
entendu certaines personnes employer cette expression qui a le mérite
d’être courte. Pourtant il faut toujours se méfier
des raccourcis. On pourrait vite voir là un moyen de réduire
les jeux infinis de la pensée sous la forme d’un code
un peu rudimentaire. Bien sûr ce n’est pas l’objectif
d’UNIDEO, c’est même tout le contraire.
33.
Si je comprends bien le principe UNIDEO, on va écrire
un signe particulier pour cheval, un autre pour cochon, un autre
pour éléphant, et ainsi de suite. Est-ce que ce
n’est pas trop compliqué ?
|
retour |
Oui
et non. Oui, on va écrire un signe pour désigner chacun
de ces animaux, comme chaque objet, chaque idée. Mais non,
ce signe ne sera pas entièrement nouveau « à
chaque fois ». Disons que ce qui sera nouveau, c’est
ce qui permettra de le différencier des autres. Dans le cadre
des animaux, je vais d’abord utiliser un ovale pour tous les
animaux. Et en voyant cet ovale je saurai qu’il ne s’agit
pas d’un sentiment, d’un meuble, ni d’un véhicule.
|
|
|
animal
|
vertébrés |
mammifères |
Puis
en ajoutant une ligne horizontale, je vais indiquer tous les vertébrés
comprenant les serpents, les oiseaux, les mammifères. En
allant un peu plus loin, je marquerai les mammelles pour désigner
les mammifères. Pour différencier les trois animaux
qu’on vient de citer, je vais alors préciser des caractéristiques
propres à chacun d’eux : la crinière et la forme
simplifiée de la tête du cheval, la petite queue en
tire-bouchon, les poils (soies) et la tête du cochon, ou encore
les dents, les grandes oreilles, la trompe de l’éléphant,
etc.
34.
Quel est le principal intérêt d’UNIDEO en
matière de savoir ?
|
retour |
Le
premier intérêt est à mon sens de relier tous
les savoirs. Les savoirs sont aujourd’hui trop éparpillés,
divisés, fragmentés, cloisonnés. Une telle
situation est un obstacle à leur apprentissage et à
leur usage par le plus grand nombre. UNIDEO revisite donc les liens
qui existent bel et bien entre tous les savoirs, et met en relief
leurs correspondances.
35.
« Premier intérêt »? Y en-a-t-il d’autres
?
|
retour |
Oui,
un autre intérêt important en matière de savoirs
est d’abaisser la barrière terminologique, celle des
mots. Trop souvent les savoirs sont masqués par un vocabulaire
inaccessible aux non-initiés, alors qu’un peu de décomposition
permettrait de les clarifier.
Prenons
un exemple informatique : le « MPR ». Il y a fort à
parier que très peu de gens non initiés à ce
domaine sachent ce dont il s’agit. Or il suffira de 3 ideos,
celui de la « norme », de l’« ordinateur
», puis de l’« écran » pour indiquer
que le « MPR » est « une norme pour écran
d’ordinateur ».
36.
On a envie de dire que c’est là « une des
écritures possibles » du MPR. Mais il y en a d’autres
j’imagine pour chaque objet. Alors comment arriver à
savoir quelle est la bonne écriture ?
|
retour |
«
La bonne écriture », c’est celle qu’on
souhaite exprimer à l’instant où on s’exprime.
Par exemple, supposons qu’on veuille écrire la notion
de mariage.
On
peut en donner une interprétation disons « conventionnelle
» (dans un cadre culturel ou social donné) à
savoir : « l’union familiale d’un homme et d’une
femme » (au-dessus).
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|
union |
famille
|
|
|
homme |
femme |
Cependant,
comme on l’a dit, les cultures sont variées, ainsi
d’ailleurs que nos esprits et leurs modes de représentation.
Par exemple, parmi bien d’autres échos, on évoquera
les pratiques de polyandrie tibétaines qui avaient fasciné
Marco Polo, à savoir « l’union familiale d’une
femme et plusieurs hommes ». Pour écrire cet autre
mariage, il suffira d’ajouter une marque de la pluralité
à côté de l’ideo de l’homme.
En
plaçant la marque du pluriel à côté de
la femme, on obtiendra une autre écriture de la polygamie
(dite polygynie), celle pratiquée en Islam par exemple :
« union familiale d’un homme et plusieurs femmes ».
Et
ainsi de suite. Y a-t-il alors une « bonne écriture
» du mariage ? Oui, c’est celle qu’on désire
exprimer à l’instant de l’échange, et
non une écriture académique définie une fois
pour toutes.
37.
UNIDEO est un système écrit qui ne se parle
pas. Pourrait-on néanmoins lui associer un jour un système
phonétique ?
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retour |
On
peut facilement l’imaginer. Et peut-être certaines circonstances
y encourageront-elles un jour. Mais pour l’instant, je crois
qu’on a assez de 6700 langues pour le transposer, sans en
créer encore une autre.
38.
Ceux qui s’intéressent un peu aux langues universelles,
penseront certainement à l’espéranto. Est-ce
qu’UNIDEO serait une sorte d’« espéranto
visuel » ?
|
retour |
Le
créateur de l’espéranto, Ludwik Lejzer Zamenhof
(1859-1917), est un personnage que je trouve attachant. Il a créé
l’espéranto à la sueur de son front, et de sa
santé. Cet homme vivait en Pologne à la fin du XIXe
siècle, et il est important de rappeler que les pogromes
et discriminations s’y étendaient alors. Ces circonstances
ne furent pas étrangères à sa visée
d’un monde idéal qui méconnaîtrait les
exclusions et les humiliations que certains subissent.
L’écriture
UNIDEO diffère toutefois de l’espéranto en de
nombreux points. Il suffira de regarder le tableau suivant autour
de la notion de temps (une des 45 clés) pour saisir quelques
aspects de cette différence. En vérité, UNIDEO
n’est pas une langue, composée de mots dont pourrait
établir les origines, mais un système logique, composé
de signes combinés.
Français |
Espéranto |
UNIDEO |
temps |
tempo
|
|
période
|
periodo
|
|
époque |
epoko
|
|
moment |
momento
|
|
fois |
fojo
|
|
39.
On connaît le mythe de Babel et finalement son effondrement.
Est-ce qu’UNIDEO ne serait pas en train de bâtir
une tour comparable ?
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retour |
Ce
mythe de la Tour de Babel m’interroge. Pour moi, je l’ai
déjà dit, la diversité linguistique est un
vivier de richesses. J’aime la différence et elle me
fascine.
En
revanche, je crois que l’humanité doit travailler plus
qu’elle ne le fait aujourd’hui, à se comprendre
et s’entendre. Ce n’est pas d’une tour dont nous
avons prioritairement besoin pour cela mais d’une évolution
des mentalités. On doit rendre cette compréhension
attrayante. C’est dans l’esprit des milliards d’individus
qui peuplent notre terre qu’une telle évolution doit
se produire.
40.
Dans la mesure où UNIDEO est défenseur de cette
diversité, s’oppose-t-il à la langue anglaise
?
|
retour |
Certainement
pas ! Pourquoi donc ? La langue anglaise appartient elle-aussi à
ce vivier de richesses. Et elle en est même une superbe composante.
Bien sûr la situation planétaire tend parfois à
faire penser au caractère dominateur de cette langue, ou
plutôt de certains pouvoirs qui l’utilisent tant sur
le plan linguistique que culturel ou économique. Notons au
passage que ce caractère n’apparaît que rarement
aux yeux des Anglophones eux-mêmes qui n’ont pas à
s’en plaindre ! Néanmoins, je considère quant
à moi son concours aujourd’hui important à la
compréhension internationale.
Cependant,
il est clair que l’anglais ne peut ni ne doit être un
vecteur unique de représentation et de communication des
pensées et des cultures. Il faudrait ici dépassionner
un peu le débat et une fois encore voir les mérites
et les limites concrètes de l’anglais, comme d’ailleurs
de tout autre moyen d’échange international.
41.
Quel est le lien entre UNIDEO et les cultures ?
|
retour |
Ce lien est évident ! Tout d’abord, nous disposons
de vastes richesses patrimoniales sur cette terre, et chaque culture,
chaque individu y contribue directement. Si nous permettions aux
enfants de mieux les connaître, mieux les comprendre, soyons
sûrs que le racisme, l’intolérance, l’ignorance
mutuelle seraient considérablement réduits.
Or,
nous sommes loin d’avoir mis tout en œuvre pour y parvenir.
Accéder aux autres cultures, c’est en premier lieu
mieux accéder à la sienne, c’est aussi comprendre
ce qui nous assemble, et ce qui nous différencie. Tous ces
éléments sont extrêmement nombreux, et passent
très souvent par les langues, sans que nous les maîtrisions
vraiment. UNIDEO se veut un nouveau compagnon, pour aller à
la rencontre respectueuse des cultures, comme pour exprimer la sienne
au sein d’un dialogue infini.
42.
La situation actuelle de la communication planétaire
est bouleversée par l’Internet. UNIDEO s’y
intéresse-t-il ?
|
retour |
Je suis un usager quotidien de l’Internet. Je pense très
concrètement que l’Internet peut aider à améliorer
la qualité de la communication planétaire. À
une condition cependant : que nous nous demandions en quoi consiste
cette qualité. A savoir : Comment parvenir à mieux
nous comprendre grâce à l’Internet ? Comment
y accéder réellement à de nouveaux savoirs
? à de nouvelles cultures ? Comment vérifier la qualité
des informations véhiculées ? leur indépendance
? leur liberté ? leurs sources réelles ? Nous ne sommes
qu’au début de ces changements et des questions qu’il
pose. Et c’est pourquoi, le moment est crucial, car il déterminera
le futur. Si UNIDEO peut contribuer à son niveau à
une forme d’échange décloisonné sur Internet,
tant mieux.
43.
De quelle manière, peut-il y contribuer ?
|
retour |
Son concours peut soutenir l’idée d’une communauté
planétaire d’internautes ayant mieux à cœur
de partager leurs langues, leurs cultures, et leurs savoirs. Pourquoi
ne pas imaginer qu’UNIDEO devienne avec le temps « un
langage graphique » de l’Internet. Il en a je crois
les moyens. Reste à répondre à un besoin.
44.
UNIDEO pourrait-il être un jour enseigné aux enfants
?
|
retour |
C’est là une question qui me dépasse. Tout d’abord
parce qu’UNIDEO est en cours d’évolution, et
que les apports, contradictions, échanges qu’il appelle
de ses vœux sont en plein développement. Ensuite, parce
que les systèmes éducatifs ont suffisamment à
penser et à faire sans se préoccuper nécessairement
de telles formes de créativité qui, bien entendu,
suscitent débat, enthousiasmes, oppositions.
Cela
n’empêche pas que l’écriture UNIDEO soit
tout particulièrement dédiée aux générations
en herbe. C’est à elles qu’il appartiendra d’en
décider. J’ai, on s’en doute, une immense confiance
dans la faculté de jugement des jeunes générations,
et je crois que c’est à partir de cette confiance que
le monde pourra être pensé différemment. Si
l’écriture UNIDEO peut un jour contribuer à
asseoir cette |