45 QUESTIONS - RÉPONSES

Interview d’Éric Cattelain à propos de : la création d’UNIDEO, ses visées, son fonctionnement, etc.

1. Pourquoi ce nom d’UNIDEO ?
2. Une idéographie universelle, c’est quoi exactement ?
3. Est-ce mieux de représenter les idées que les sons ?
4. Comment crée-t-on une écriture ?
5. Quelle idée principale est à la base d’UNIDEO ?
6. Une telle idée n’est-elle pas un peu… utopique ?
7. Combien de temps a pris la création d’UNIDEO ?
8. Il ne faut pas être un peu fou pour se lancer dans une telle entreprise ?
9. Comment définir UNIDEO ?
10. Le but d’UNIDEO est-il de remplacer toutes les écritures qui existent ?
11. Comment devient-on soi-même créateur d’écriture ? Pense-t-on à ce genre de choses quand on est enfant ?
12. Quel a été le premier signe écrit en UNIDEO ?
13. Et vous êtes tombé en syncope ?
14. N’est-ce pas contradictoire de revenir des milliers d’années en arrière en écrivant un signe pour chaque chose, chaque idée, ce qui représente vite une quantité impressionnante de signes, alors que l’alphabet permet de tout écrire avec seulement quelques dizaines de lettres ?
15. Les pictogrammes sont en effet présents dans les gares, les aéroports, les menus, les toilettes, etc. Pourtant n’est-ce pas un peu limité comme moyen d’expression ?
16. Le chinois est un des systèmes écrits les plus difficiles à apprendre. Où est le progrès si on doit comme dans le cas du chinois, mettre dix ans pour maîtriser UNIDEO ?
17. Quelles sont donc les « qualités du chinois » ?
18. Est-ce une longue histoire d’amour entre UNIDEO et le chinois ?
19. Quels sont les principales différences entre UNIDEO et l’écriture chinoise ?
20. Combien existe-t-il de signes de base en UNIDEO ?
21. Quel est cet alphabet UNIDEO ?
22. Peut-on TOUT écrire avec seulement 45 signes ?
23. Peut-on avoir un exemple précis d’une phrase écrite en UNIDEO ?
24. Quand on regarde ces exemples, on peut avoir l’impression qu’UNIDEO est un langage enfantin, comme un « légo » de la pensée. Il n’y a apparemment ni genre, ni conjugaison. Est-ce ainsi qu’on va pouvoir représenter toutes les pensées et cultures ? On en doute un peu…
25. Au passage comment s’appelle un élément d’écriture UNIDEO ?
26. Peut-on avoir à présent un exemple plus complexe d’ideo ?
27. Peut-on vraiment mémoriser ces 2000 éléments ?
28. En combien de temps peut-on apprendre UNIDEO ?
29. Ce n’est vraiment motivant d’apprendre UNIDEO que s’il est largement utilisé à travers le monde. Est-ce que ce sera prochainement le cas ?
30. Quels conseils donner à un débutant en UNIDEO ?
31. Faut-il savoir dessiner pour écrire en UNIDEO
32. Comme il existe des codes de la route, ou des codes pour la notation musicale, peut-on dire qu’UNIDEO est un « code de la pensée » ?
33. Si je comprends bien le principe UNIDEO, on va écrire un signe particulier pour cheval, un autre pour cochon, un autre pour éléphant, et ainsi de suite. Est-ce que ce n’est pas trop compliqué ?
34. Quel est le principal intérêt d’UNIDEO en matière de savoir ?
35. « Premier intérêt »? Y en-a-t-il d’autres ?
36. On a envie de dire que c’est là « une des écritures possibles » du MPR. Mais il y en a d’autres j’imagine pour chaque objet. Alors comment arriver à savoir quelle est la bonne écriture ?
37. UNIDEO est un système écrit qui ne se parle pas. Pourrait-on néanmoins lui associer un jour un système phonétique ?
38. Ceux qui s’intéressent un peu aux langues universelles, penseront certainement à l’espéranto. Est-ce qu’UNIDEO serait une sorte d’« espéranto visuel » ?
39. On connaît le mythe de Babel et finalement son effondrement. Est-ce qu’UNIDEO ne serait pas en train de bâtir une tour comparable ?
40. Dans la mesure où UNIDEO est défenseur de cette diversité, s’oppose-t-il à la langue anglaise ?
41. Quel est le lien entre UNIDEO et les cultures ?
42. La situation actuelle de la communication planétaire est bouleversée par l’Internet. UNIDEO s’y intéresse-t-il ?
43. De quelle manière, peut-il y contribuer ?
44. UNIDEO pourrait-il être un jour enseigné aux enfants ?
45. Si vous aussi, vous avez une question, n’hésitez pas à nous l’adresser. Nous y répondrons avec plaisir.


1. Pourquoi ce nom d’UNIDEO ?
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UNI pour universel, IDEO pour idéographie : UNIDEO est une idéographie universelle.

2. Une idéographie universelle, c’est quoi exactement ?
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On peut considérer deux grands types d’écritures. D’une part, celles qui représentent les sons, ou la parole (l’alphabet en est le meilleur exemple). D’autre part, celles qui ne représentent pas principalement les sons, mais plutôt les choses, ou encore les notions. L’idéographie fait quant à elle partie de ce second type, puisqu’elle vise à représenter les idées.

Quant à l’universalité, c’est un souhait : celui de destiner UNIDEO à tous les peuples de la Terre.

3. Est-ce mieux de représenter les idées que les sons ?
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Non, ce n’est pas « mieux ». En vérité, tout dépend de ce qu’on attend d’une écriture. Si le but de l’écriture est de représenter la parole, dans ce cas, je l’ai dit, l’alphabet est le meilleur système écrit qu’on ait inventé jusqu’ici. Avec seulement quelques dizaines de lettres, l’alphabet est en effet efficace, rapide à apprendre, simple à utiliser.

En revanche, si le but de l’écriture est de communiquer du sens, de la connaissance ou encore de la culture, dans un environnement multilingue, ou a fortiori dans le monde, en ce cas, l’idéographie peut être, je dis bien « peut » être, un meilleur système. L’exemple du chinois (qui a une composante idéographique), et son utilisation naguère par les Vietnamiens, les Coréens, ou encore aujourd’hui les Japonais, le prouve bien.

4. Comment crée-t-on une écriture ?
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Tout d’abord on estime que près de 700 écritures ont été créées depuis les débuts de l’humanité, plus particulièrement dans une période vieille d’à peine 6000 ans.

Les créations antiques, comme celles des écritures mésopotamiennes, des hiéroglyphes égyptiens, des caractères chinois, ou encore des glyphes mayas, sont souvent entourées de mythes et légendes. Pour la plupart, on trouvera de grandes figures qui ont participé à leur invention : Itzamma pour les Mayas, Fu Xi pour les Chinois, Thot pour les Egyptiens, etc.

Puis vient une seconde vague en matière de créations, ce sont les hommes illustres qui ont soit directement établi (comme Mesrop Machdots pour l’alphabet arménien), soit influencé cette création (comme le roi Sedjong en Corée, ou le roi rama Khameng en Thaïlande).

Enfin on a une troisième catégorie, ce sont les créations d’écritures qui ne s’attachent pas particulièrement à un peuple, une langue, ou à un territoire. Par exemple Charles Bliss créa dans la première moitié du XXe siècle une écriture, aujourd’hui employée par certaines personnes présentant un handicap psycho-moteur. John Wilkins créa quant à lui en 1678 une écriture universelle destinée à la science, etc. La création d’UNIDEO se rattache à cette dernière catégorie, celle d’une idée.

5. Quelle idée principale est à la base d’UNIDEO ?
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Cette idée est élémentaire. Elle consiste à permettre la communication entre tous les gens de la Terre, quels que soient leur langue, leur culture ou leur savoir.

6. Une telle idée n’est-elle pas un peu… utopique ?
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Ce mot d’utopie est aujourd’hui étrangement employé. Il semblerait que toute ambition originale, comme tout idéal, ne puisse échapper à ce qualificatif. L’idée à la base d’UNIDEO tient en fait compte d’une réalité constamment présente à nos yeux : la difficulté de communiquer, si on considère les quelques 6700 langues pratiquées dans le monde, les 25 grands systèmes d’écritures en usage, mais aussi toutes les cultures, et je dirai plus largement toutes les manières différentes de penser ou de savoir.

Or, toutes ces langues, toutes ces cultures, toutes ces pensées pourraient utiliser pour communiquer entre elles un nouveau système écrit, respectant leurs propres richesses. Ne pensez-vous pas qu’il pourrait s’agir là d’un progrès sensible de l’humanité ? Si ce type de progrès doit être qualifié d’utopique, je l’accepte volontiers. Toutefois, peu de choses semblent aujourd’hui aussi importantes que de favoriser par tous moyens la compréhension mutuelle, le savoir et l’entente entre les êtres. D’ailleurs, cette création n’est pas utopique (ce qui en grec signifie « d’aucun lieu »), mais pantopique (ce qui signifierait plutôt de « tous les lieux»).

7. Combien de temps a pris la création d’UNIDEO ?
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L’idée de créer un code universel de communication m’est venue en 1988. J’ai présenté son premier système dix ans plus tard en 1998 à l’Université de la Sorbonne (École Pratique des Hautes Études). Mais comme on s’en doute, en dix ans, une telle idée tout en restant la même a beaucoup évolué. D’ailleurs, cette évolution n’est pas achevée pour autant !

8. Il ne faut pas être un peu fou pour se lancer dans une telle entreprise ?
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Très sincèrement, et avec un peu de recul : oui. Oui, il faut être un peu fou pour se lancer dans ce type d’entreprise. Mais, franchement, j’ignorais en ses débuts que cela conduirait à une telle aventure.

9. Comment définir UNIDEO ?
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En fonction de ce que j’ai déjà évoqué, l’écriture ne se limite donc pas selon moi à la « peinture de la voix » selon l’expression de Voltaire. C’est aussi et surtout une représentation de la pensée. En outre, UNIDEO est un langage, et non une langue, car UNIDEO ne se « parle pas », ou plus exactement parce qu’on peut le parler ou le transposer dans toutes les langues du monde. C’est donc, en quelque sorte, un langage écrit, à savoir un autre moyen graphique de communiquer et signifier sa pensée.

10. Le but d’UNIDEO est-il de remplacer toutes les écritures qui existent ?
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Non, pas du tout ! Tout d’abord, je rappelle que les écritures actuellement en usage, plusieurs dizaines, ont pour caractéristique commune de représenter les langues, or UNIDEO n’a pas les moyens ni l’intention de s’y substituer. Il ne s’agit pas avec des moyens idéographiques de prétendre à l’excellence alphabétique. J’ajouterai aussitôt qu’UNIDEO souhaite tout au contraire attirer davantage notre attention sur les richesses propres aux systèmes actuels, trop souvent ignorés. UNIDEO se veut en effet un défenseur de cette richesse qui véhicule le patrimoine de l’humanité.

11. Comment devient-on soi-même créateur d’écriture ? Pense-t-on à ce genre de choses quand on est enfant ?
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On pense à beaucoup de choses quand on est petit. Dommage qu’on les oublie trop souvent. Non, je ne pensais pas créer une écriture, même si ma propre aventure de l’écriture passait chez mes grands-parents par la découverte d’un autre alphabet : l’arménien.

Je dirai au passage que trop souvent on ne connaît qu’une seule écriture, et cela est un peu triste, quand on imagine tout ce qu’on pourrait découvrir en ce domaine. On se contente ainsi d’apprendre le seul système qui nous sera utile alors que la découverte des autres pourrait constituer un véritable émerveillement et un enrichissement personnel. À quand cette découverte à l’école ? Ne serait-ce pas une magnifique porte sur les cultures, et plus simplement sur la découverte des autres ?

12. Quel a été le premier signe écrit en UNIDEO ?
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Ce premier signe fut une « abeille ». Il m’a fallu plusieurs jours pour y aboutir. En fait, son écriture a déclenché tout le reste. Je me suis en effet aperçu en l’écrivant non seulement que j’ignorais quantité de choses (comme par exemple les six pattes communes à tous les insectes), mais surtout qu’une idéographie pouvait animer simplement ce savoir.

Dans cette écriture de l’abeille (qui n’est pas la seule possible en Unideo), on voit non seulement les trois paires de pattes, mais aussi les quatre ailes membranées, l’aiguillon, ou encore les trois segments du corps des insectes (abdomen, thorax, tête), ainsi que leurs antennes.

Pour l’anecdote, j’ai écrit ce premier signe à la Bibliothèque Mazarine, c’est-à-dire, je devais l’apprendre plus tard, à l’endroit même où Champollion le Jeune avait rejoint son frère pour lui annoncer qu’il avait enfin déchiffré les hiéroglyphes… avant de tomber en syncope !

13. Et vous êtes tombé en syncope ?
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Pas vraiment ! Je suis plutôt tombé dans un bain dont je ne suis plus ressorti : celui de l’idéographie. Car après plusieurs mois de cette rencontre quotidienne, les pages de mes carnets furent bientôt couvertes de signes. Ce n’était jusqu’alors que des fragments. Et j’étais encore loin d’imaginer que je me consacrerais bientôt à écrire le cratère d’un volcan, ou encore la différence proprement astronomique entre une nébuleuse et une galaxie. Mais je ressentis dès le début qu’il y avait là un territoire d’inépuisables découvertes.

14. N’est-ce pas contradictoire de revenir des milliers d’années en arrière en écrivant un signe pour chaque chose, chaque idée, ce qui représente vite une quantité impressionnante de signes, alors que l’alphabet permet de tout écrire avec seulement quelques dizaines de lettres ?
retour

Cette question est au cœur du problème. A mon sens lorsqu’il a été mis au point, disons entre le 14e et le 11e siècles av. J.C., l’alphabet présentait un progrès considérable par rapport aux autres systèmes d’écritures. Cependant, la question n’est plus aujourd’hui de représenter la parole. La question est d’accéder à la culture ou au savoir de l’autre, même ou surtout s’il pratique une langue différente de la nôtre. A ces questions, l’alphabet ne répond pas, car il n’a pas été inventé pour y répondre. Non je ne crois pas que l’idéographie soit un retour en arrière. D’ailleurs regardons l’utilisation qu’on fait aujourd’hui des pictogrammes à travers le monde.

15. Les pictogrammes sont en effet présents dans les gares, les aéroports, les menus, les toilettes, etc. Pourtant n’est-ce pas un peu limité comme moyen d’expression ?
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Oui, bien sûr, ce moyen est limité. C’est d’ailleurs bien pour cela que je ne suis pas en train de parler d’une pictographie, ni encore moins de signes isolés, mais d’un véritable système. Il s’agit ici d’une idéographie complète destinée à exprimer tout contenu de pensée ou de savoir.

16. Le chinois est un des systèmes écrits les plus difficiles à apprendre. Où est le progrès si on doit comme dans le cas du chinois, mettre dix ans pour maîtriser UNIDEO ?
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Tout d’abord, personne n’a dit qu’il fallait dix ans pour pratiquer UNIDEO. Pour ce qui est du chinois proprement dit, il est par contre assez clair qu’il suscite certains préjugés. On aurait parfois tendance à ignorer toutes les qualités du chinois, pour ne se concentrer que sur sa difficulté d’apprentissage.

17. Quelles sont donc les « qualités du chinois » ?
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Ses qualités sont nombreuses. Connaît-on par exemple un autre système qui ait été créé il y a plus de 4000 ans et qui soit toujours en usage ? La longévité du chinois est en effet exceptionnelle, et son caractère partiellement idéographique y participe directement.

En outre connaît-on beaucoup de systèmes employés par des cultures et des langues diverses tout en leur permettant de se comprendre ? Japonais, Coréens, Vietnamiens, Mandchous, et bien d’autres, malgré l’extrême diversité de leurs langues et de leurs cultures, ont dans leur histoire utilisé à quelques variantes près ce même système de communication écrite.

Ces deux seuls facteurs ne suffisent-ils pas à nous émerveiller et à nous interroger ?

18. Est-ce une longue histoire d’amour entre UNIDEO et le chinois ?
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Je me suis consacré à l’apprentissage du chinois assez tard, à l’université en l’occurrence, j’avais 19 ans. Et en vérité, j’ai choisi par-delà la langue, de m’intéresser à la civilisation car, à mes yeux, le plus fascinant est ce rapport entre culture et écriture. Bien sûr, je n’en ai abordé qu’une très infime partie, d’autant que bien d’autres chemins du monde ont réclamé mon attention. Toutefois, cette admiration du chinois a incontestablement influencé l’élaboration d’UNIDEO. J’ajouterai qu’elle a été également pour moi l’occasion d’analyser d’autre aspects de cette écriture, avec lesquels j’ai pris au contraire un peu de distance.

19. Quels sont les principales différences entre UNIDEO et l’écriture chinoise ?
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Les premières différences sont d’ordre phonétique. Par exemple tous les caractères ci-dessus se prononcent ming (second ton), alors que leur sens n’a rien à voir. UNIDEO, je le rappelle, échappe à ces considérations phonétiques, car c’est une idéographie au sens plein du terme.

Par ailleurs les caractères chinois possèdent eux-mêmes plusieurs sens parfois très éloignés. Par ex. le même caractère mao (second ton) qui sert d’unité monétaire, et vaut un dixième de la monnaie locale (yuan), désigne également le Président Mao Zedong. Mais il peut aussi signifier « cheveu », « poil », « mildiou », « semi-fini », « inattentionné », « en gros », « petit »…

Une idéographie à part entière ne doit pas correspondre à ce type de procédé qui fait appel à des considérations phonétiques.

En outre il faut tenir compte de la difficulté d’apprentissage précitée. Dix années pour acquérir les bases du chinois, c’est beaucoup.

Enfin on observe un nombre impressionnant de caractères (près de 100000) essentiellement liés à une évolution historique (même si leur écriture fait appel aujourd’hui à l’usage de 214 clés). Cette dernière difficulté a conduit à limiter les éléments de base UNIDEO.

20. Combien existe-t-il de signes de base en UNIDEO ?
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Il existe 45 signes de base en UNIDEO, qui correspondent à un alphabet, un « alphabet des pensées » selon l’expression du philosophe Leibniz. Le principe est d’attribuer à chacun des 45 signes une idée générale : celle de la vie, du corps, de la famille, des arts, etc. Il est important de dire que je ne prétends pas du tout à une « universalité » de ces idées. Par exemple, on peut parfaitement imaginer une culture ou une langue, où la notion et le mot d’« art » soient absents. Si je parle d’universalité, comme je l’ai déjà dit, c’est davantage dans une volonté d’échange et de dialogue entre les cultures.

21. Quel est cet alphabet UNIDEO ?
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L’alphabet UNIDEO est le suivant :

vie
végétal
animal
corps
alimentation
vision
audition
préhension
matière
feu
eau
force
minéral
métal
espace
ciel et univers
terre
transport
déplacement
édifice
voie
temps
fait, événement
société
famille
homme
intellect
affirmation et négation
esprit
communication
sentiments et comportements
nombre
mesure
volume
activité
finalités et moyens
techniques
pouvoir
activité militaire
marché et commerce
possession, propriété
objet
textile
arts
forme

 

22. Peut-on TOUT écrire avec seulement 45 signes ?
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Loin de se limiter à cet alphabet, il existe en UNIDEO un noyau d’environ 2000 idéogrammes organisé autour des 45 signes. Chacun de ces 2000 éléments fondamentaux est lié à une ou plusieurs des 45 clés. Enfin il existe une manière de combiner ces signes afin d’exprimer toute forme de pensée.

Par exemple, on rattachera à la clé de l’art la peinture , la danse , la musique , etc. La clé des textiles s’élargira quant à elle aux écritures du vêtement , du tissu , etc.

La clé de la vie donnera lieu (ci-dessous) aux écritures de la naissance, la mort, l’âge ou les formes vivantes. Ces dérivées s’étendront elles-mêmes à des notions apparentées. À partir de la naissance, seront représentées les notions de conception et d’origines, ou à partir de l’âge, celles de jeunesse et vieillesse, etc.


vie
naissance
mort
âge
forme vivante
conception
origines
jeunesse
vieillesse

23. Peut-on avoir un exemple précis d’une phrase écrite en UNIDEO ?
retour

 

On a ici l’écriture de « je vais à la mer ». Comme on le voit, on a utilisé trois éléments (de gauche à droite) : « je, moi » « aller » et « mer ».

je
mer
aller


Rien ne m’empêche néanmoins de l’écrire dans l’autre sens (on pense ici aux usagers d’écritures qui l’orientent effectivement dans ce sens, arabe, hébreu) :

On remarquera comme on l’a dit que ces éléments sont liés à une des 45 clés : je à l’homme , aller au déplacement , la mer à la terre .

Enfin si je donne deux nouveaux éléments, par exemple « tu », et « montagne », on peut aisément imaginer des changements comme celui d’écrire : « tu vas à la montagne ».

tu
montagne



Qu’importe alors que les Allemands appellent une montagne « Berg » ou que ce mot soit masculin ou féminin ou neutre, ou encore que les Chinois l’appellent « shan », et qu’il soit du premier ou du troisième ton, car on a ici une représentation non phonétique du sens.

24. Quand on regarde ces exemples, on peut avoir l’impression qu’UNIDEO est un langage enfantin, comme un « légo » de la pensée. Il n’y a apparemment ni genre, ni conjugaison. Est-ce ainsi qu’on va pouvoir représenter toutes les pensées et cultures ? On en doute un peu…
retour

Tout d’abord, c’est exact, UNIDEO possède une combinatoire très simple. C’est voulu et essentiel pour faciliter son emploi. En second lieu, pour moi, ce n’est pas un défaut d’être « enfantin » si on entend par là qu’UNIDEO peut être pratiqué par les enfants. Ceci n’empêche pas cependant de développer des niveaux de sens beaucoup plus complexes que ceux qu’on vient de voir.

25. Au passage comment s’appelle un élément d’écriture UNIDEO ?
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Très simplement : un ideo, ou un unideo.

26. Peut-on avoir à présent un exemple plus complexe d’ideo ?
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On peut bien sûr en donner des milliards. Dès qu’on commence à associer plusieurs éléments, à les combiner, ou à préciser des détails de sens, on passe à un niveau complexe. Prenons le cas d’une notion scientifique : l’ultrason. L’ultrason est un « son dont la fréquence est au-delà de celle perceptible par l’oreille humaine »

 
son
fréquence
au-delà
homme

Le tout donnera par exemple l’écriture suivante :

Comme on le voit, c’est un exemple assez développé qui mérite d’être resitué et commenté en parlant des chauves-souris ou des dauphins, entre autres. Pourtant je peux le décomposer en quatre éléments plus simples que j’aurais appris dans la liste des 2000 éléments de base. De la même manière on représentera l’infrason par un son dont la fréquence est inférieure à celle perceptible par l’oreille humaine :

27. Peut-on vraiment mémoriser ces 2000 éléments ?
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Comme je le disais, ces 2000 éléments sont tous reliés par une logique. Par exemple, si on sait que l’ideo ci-dessus signifie « descendre », on n’aura vraisemblablement aucun mal à comprendre celui qui suit, qui bien sûr signifie « monter ».

Tout UNIDEO est construit sur un tel mécanisme de renvois et de correspondances.

28. En combien de temps peut-on apprendre UNIDEO ?
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Cela dépend de nombreux facteurs. L’apprentissage d’UNIDEO varie en effet si on y passe un quart d’heure ou deux heures par jour, si on a une bonne mémoire ou non, si on y prend du plaisir ou pas, si on le fait pour se distraire ou dans la ferme intention de communiquer.

Disons cependant qu’on peut se familiariser avec tout le système en un mois et demi, à raison d’une heure par jour. Cela permet de voir les notions et les éléments essentiels, et de commencer à écrire et à lire. Après quoi il appartient à chacun de confirmer cette acquisition selon ses disponibilités ou ses envies.

29. Ce n’est vraiment motivant d’apprendre UNIDEO que s’il est largement utilisé à travers le monde. Est-ce que ce sera prochainement le cas ?
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Tout dépend de ce qu’on doit entendre par « prochainement ». J’ai bon espoir qu’une ou deux décennies feront bien avancer les choses.

30. Quels conseils donner à un débutant en UNIDEO ?
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D’abord je lui demanderais de ne jamais oublier le plaisir d’écrire. Ce plaisir est d’ailleurs un des éléments principaux de tout apprentissage.

Ensuite je lui dirais de prendre son temps. UNIDEO n’est pas une écriture précipitée. On doit prendre son temps pour l’apprendre, comme pour l’écrire. Il m’arrive d’écrire en UNIDEO en même temps que je parle. Mais je peux aussi passer toute une nuit avant de décider d’une écriture, de la place de ses éléments, de leur importance respective.

Enfin je lui conseillerais de créer ses propres compositions. Simples au début, elles doivent progressivement réfléter l’état d’esprit de celui qui écrit.

31. Faut-il savoir dessiner pour écrire en UNIDEO ?
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Sans doute, est-il en effet préférable de « savoir » dessiner. Néanmoins, nul besoin d’être Michel-Ange ! C’est sans doute là où la notion de plaisir est essentielle.

32. Comme il existe des codes de la route, ou des codes pour la notation musicale, peut-on dire qu’UNIDEO est un « code de la pensée » ?
retour

J’ai entendu certaines personnes employer cette expression qui a le mérite d’être courte. Pourtant il faut toujours se méfier des raccourcis. On pourrait vite voir là un moyen de réduire les jeux infinis de la pensée sous la forme d’un code un peu rudimentaire. Bien sûr ce n’est pas l’objectif d’UNIDEO, c’est même tout le contraire.

33. Si je comprends bien le principe UNIDEO, on va écrire un signe particulier pour cheval, un autre pour cochon, un autre pour éléphant, et ainsi de suite. Est-ce que ce n’est pas trop compliqué ?
retour

Oui et non. Oui, on va écrire un signe pour désigner chacun de ces animaux, comme chaque objet, chaque idée. Mais non, ce signe ne sera pas entièrement nouveau « à chaque fois ». Disons que ce qui sera nouveau, c’est ce qui permettra de le différencier des autres. Dans le cadre des animaux, je vais d’abord utiliser un ovale pour tous les animaux. Et en voyant cet ovale je saurai qu’il ne s’agit pas d’un sentiment, d’un meuble, ni d’un véhicule.

 

animal
vertébrés
mammifères


Puis en ajoutant une ligne horizontale, je vais indiquer tous les vertébrés comprenant les serpents, les oiseaux, les mammifères. En allant un peu plus loin, je marquerai les mammelles pour désigner les mammifères. Pour différencier les trois animaux qu’on vient de citer, je vais alors préciser des caractéristiques propres à chacun d’eux : la crinière et la forme simplifiée de la tête du cheval, la petite queue en tire-bouchon, les poils (soies) et la tête du cochon, ou encore les dents, les grandes oreilles, la trompe de l’éléphant, etc.

cheval
cochon
éléphant


34. Quel est le principal intérêt d’UNIDEO en matière de savoir ?
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Le premier intérêt est à mon sens de relier tous les savoirs. Les savoirs sont aujourd’hui trop éparpillés, divisés, fragmentés, cloisonnés. Une telle situation est un obstacle à leur apprentissage et à leur usage par le plus grand nombre. UNIDEO revisite donc les liens qui existent bel et bien entre tous les savoirs, et met en relief leurs correspondances.

35. « Premier intérêt »? Y en-a-t-il d’autres ?
retour

Oui, un autre intérêt important en matière de savoirs est d’abaisser la barrière terminologique, celle des mots. Trop souvent les savoirs sont masqués par un vocabulaire inaccessible aux non-initiés, alors qu’un peu de décomposition permettrait de les clarifier.

Prenons un exemple informatique : le « MPR ». Il y a fort à parier que très peu de gens non initiés à ce domaine sachent ce dont il s’agit. Or il suffira de 3 ideos, celui de la « norme », de l’« ordinateur », puis de l’« écran » pour indiquer que le « MPR » est « une norme pour écran d’ordinateur ».

norme

 

ordinateur

 

écran
MPR

 

36. On a envie de dire que c’est là « une des écritures possibles » du MPR. Mais il y en a d’autres j’imagine pour chaque objet. Alors comment arriver à savoir quelle est la bonne écriture ?
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« La bonne écriture », c’est celle qu’on souhaite exprimer à l’instant où on s’exprime. Par exemple, supposons qu’on veuille écrire la notion de mariage.

On peut en donner une interprétation disons « conventionnelle » (dans un cadre culturel ou social donné) à savoir : « l’union familiale d’un homme et d’une femme » (au-dessus).

union
famille
homme
femme

Cependant, comme on l’a dit, les cultures sont variées, ainsi d’ailleurs que nos esprits et leurs modes de représentation. Par exemple, parmi bien d’autres échos, on évoquera les pratiques de polyandrie tibétaines qui avaient fasciné Marco Polo, à savoir « l’union familiale d’une femme et plusieurs hommes ». Pour écrire cet autre mariage, il suffira d’ajouter une marque de la pluralité à côté de l’ideo de l’homme.

En plaçant la marque du pluriel à côté de la femme, on obtiendra une autre écriture de la polygamie (dite polygynie), celle pratiquée en Islam par exemple : « union familiale d’un homme et plusieurs femmes ».

Et ainsi de suite. Y a-t-il alors une « bonne écriture » du mariage ? Oui, c’est celle qu’on désire exprimer à l’instant de l’échange, et non une écriture académique définie une fois pour toutes.

37. UNIDEO est un système écrit qui ne se parle pas. Pourrait-on néanmoins lui associer un jour un système phonétique ?
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On peut facilement l’imaginer. Et peut-être certaines circonstances y encourageront-elles un jour. Mais pour l’instant, je crois qu’on a assez de 6700 langues pour le transposer, sans en créer encore une autre.

38. Ceux qui s’intéressent un peu aux langues universelles, penseront certainement à l’espéranto. Est-ce qu’UNIDEO serait une sorte d’« espéranto visuel » ?
retour

Le créateur de l’espéranto, Ludwik Lejzer Zamenhof (1859-1917), est un personnage que je trouve attachant. Il a créé l’espéranto à la sueur de son front, et de sa santé. Cet homme vivait en Pologne à la fin du XIXe siècle, et il est important de rappeler que les pogromes et discriminations s’y étendaient alors. Ces circonstances ne furent pas étrangères à sa visée d’un monde idéal qui méconnaîtrait les exclusions et les humiliations que certains subissent.

L’écriture UNIDEO diffère toutefois de l’espéranto en de nombreux points. Il suffira de regarder le tableau suivant autour de la notion de temps (une des 45 clés) pour saisir quelques aspects de cette différence. En vérité, UNIDEO n’est pas une langue, composée de mots dont pourrait établir les origines, mais un système logique, composé de signes combinés.

Français
Espéranto
UNIDEO
temps
tempo
période
periodo
époque
epoko
moment
momento
fois
fojo


39. On connaît le mythe de Babel et finalement son effondrement. Est-ce qu’UNIDEO ne serait pas en train de bâtir une tour comparable ?
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Ce mythe de la Tour de Babel m’interroge. Pour moi, je l’ai déjà dit, la diversité linguistique est un vivier de richesses. J’aime la différence et elle me fascine.

En revanche, je crois que l’humanité doit travailler plus qu’elle ne le fait aujourd’hui, à se comprendre et s’entendre. Ce n’est pas d’une tour dont nous avons prioritairement besoin pour cela mais d’une évolution des mentalités. On doit rendre cette compréhension attrayante. C’est dans l’esprit des milliards d’individus qui peuplent notre terre qu’une telle évolution doit se produire.

40. Dans la mesure où UNIDEO est défenseur de cette diversité, s’oppose-t-il à la langue anglaise ?
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Certainement pas ! Pourquoi donc ? La langue anglaise appartient elle-aussi à ce vivier de richesses. Et elle en est même une superbe composante. Bien sûr la situation planétaire tend parfois à faire penser au caractère dominateur de cette langue, ou plutôt de certains pouvoirs qui l’utilisent tant sur le plan linguistique que culturel ou économique. Notons au passage que ce caractère n’apparaît que rarement aux yeux des Anglophones eux-mêmes qui n’ont pas à s’en plaindre ! Néanmoins, je considère quant à moi son concours aujourd’hui important à la compréhension internationale.

Cependant, il est clair que l’anglais ne peut ni ne doit être un vecteur unique de représentation et de communication des pensées et des cultures. Il faudrait ici dépassionner un peu le débat et une fois encore voir les mérites et les limites concrètes de l’anglais, comme d’ailleurs de tout autre moyen d’échange international.

41. Quel est le lien entre UNIDEO et les cultures ?
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Ce lien est évident ! Tout d’abord, nous disposons de vastes richesses patrimoniales sur cette terre, et chaque culture, chaque individu y contribue directement. Si nous permettions aux enfants de mieux les connaître, mieux les comprendre, soyons sûrs que le racisme, l’intolérance, l’ignorance mutuelle seraient considérablement réduits.

Or, nous sommes loin d’avoir mis tout en œuvre pour y parvenir. Accéder aux autres cultures, c’est en premier lieu mieux accéder à la sienne, c’est aussi comprendre ce qui nous assemble, et ce qui nous différencie. Tous ces éléments sont extrêmement nombreux, et passent très souvent par les langues, sans que nous les maîtrisions vraiment. UNIDEO se veut un nouveau compagnon, pour aller à la rencontre respectueuse des cultures, comme pour exprimer la sienne au sein d’un dialogue infini.

42. La situation actuelle de la communication planétaire est bouleversée par l’Internet. UNIDEO s’y intéresse-t-il ?
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Je suis un usager quotidien de l’Internet. Je pense très concrètement que l’Internet peut aider à améliorer la qualité de la communication planétaire. À une condition cependant : que nous nous demandions en quoi consiste cette qualité. A savoir : Comment parvenir à mieux nous comprendre grâce à l’Internet ? Comment y accéder réellement à de nouveaux savoirs ? à de nouvelles cultures ? Comment vérifier la qualité des informations véhiculées ? leur indépendance ? leur liberté ? leurs sources réelles ? Nous ne sommes qu’au début de ces changements et des questions qu’il pose. Et c’est pourquoi, le moment est crucial, car il déterminera le futur. Si UNIDEO peut contribuer à son niveau à une forme d’échange décloisonné sur Internet, tant mieux.

43. De quelle manière, peut-il y contribuer ?
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Son concours peut soutenir l’idée d’une communauté planétaire d’internautes ayant mieux à cœur de partager leurs langues, leurs cultures, et leurs savoirs. Pourquoi ne pas imaginer qu’UNIDEO devienne avec le temps « un langage graphique » de l’Internet. Il en a je crois les moyens. Reste à répondre à un besoin.

44. UNIDEO pourrait-il être un jour enseigné aux enfants ?
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C’est là une question qui me dépasse. Tout d’abord parce qu’UNIDEO est en cours d’évolution, et que les apports, contradictions, échanges qu’il appelle de ses vœux sont en plein développement. Ensuite, parce que les systèmes éducatifs ont suffisamment à penser et à faire sans se préoccuper nécessairement de telles formes de créativité qui, bien entendu, suscitent débat, enthousiasmes, oppositions.

Cela n’empêche pas que l’écriture UNIDEO soit tout particulièrement dédiée aux générations en herbe. C’est à elles qu’il appartiendra d’en décider. J’ai, on s’en doute, une immense confiance dans la faculté de jugement des jeunes générations, et je crois que c’est à partir de cette confiance que le monde pourra être pensé différemment. Si l’écriture UNIDEO peut un jour contribuer à asseoir cette